{"id":4035,"date":"1999-03-12T15:23:18","date_gmt":"1999-03-12T15:23:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pierre-miserez.ch\/?p=4035"},"modified":"2013-12-12T16:26:51","modified_gmt":"2013-12-12T16:26:51","slug":"pierre-miserez-ne-craint-pas-de-se-mettre-a-nu-au-propre-comme-au-figure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/?p=4035","title":{"rendered":"Pierre Miserez ne craint pas de se mettre \u00e0 nu au propre comme au figur\u00e9"},"content":{"rendered":"<h3>L&#8217;humoriste jurassien s&#8217;amuse de ses angoisses et de sert de son v\u00e9cu pour faire rire la salle jusqu&#8217;\u00e0 demain, il est l&#8217;h\u00f4te de la manifestation. Rencontre avec un grand monsieur.<\/h3>\n<p>Quand on lui demande sa profession, Pierre Miserez dit qu&#8217;il est un artisan du rire, un com\u00e9dien-humoriste. Ce fils d&#8217;horloger, n\u00e9 au Locle, quelque part entre Gen\u00e8ve et Glasgow comme il le dit, a fait de la perfection son fer de lance. Dans son spectacle &#8220;A suivre&#8221;, il offre un floril\u00e8ge de ses observation. Jusqu&#8217;\u00e0 demain, il est l&#8217;invit\u00e9 du Festival des arts vivants.<\/p>\n<p><strong>Comment travaillez-vous?<\/strong><\/p>\n<p>La cr\u00e9ation se fait d&#8217;une mani\u00e8re inconsciente. Je pars du v\u00e9cu. Je ressens des choses avec le coeur, l&#8217;esprit&#8230; A un certain moment, cela s&#8217;accumule. Et cela doit sortir. La fin de vie de ma grand-maman, mes trois retraits de permis et la fatigue m&#8217;ont inspir\u00e9 des sketches. Le reste, c&#8217;est du d\u00e9lire. Avec le drapeaux suisse, ce n&#8217;est pas le fait de se mettre \u00e0 poil qui m&#8217;int\u00e9resse, ma de poser avec le fanion. Le drapeaux v\u00e9hicule tout ce que la Suisse a de tabou. Tout le respect que \u00e7a peut inspirer.<\/p>\n<p><strong>Le personnage angoiss\u00e9 qui t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 la r\u00e9gie et \u00e0 sa m\u00e8re, est-ce une caricature de Pierre Miserez?\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Oui, c&#8217;est moi. Je parle de mes inqui\u00e9tudes. Ma il fallait les tourner de mani\u00e8re dr\u00f4le. Maintenant \u00e7a va beaucoup mieux. J&#8217;ai une approche diff\u00e9rente, je prends les choses avec humour. Les banques ont remplac\u00e9 les cath\u00e9drales, on chuchote l&#8217;argent comme dans un confessionnal. c&#8217;est absurde.<\/p>\n<p><strong>Etes-vous un homme heureux?<\/strong><\/p>\n<p>La vie, c&#8217;est vivre son id\u00e9al. Je suis heureux. Mon m\u00e9tier m&#8217;aide beaucoup. Il me colle \u00e0 la peau. J&#8217;ai travaill\u00e9 durant quatre ans dans un vivarium. J&#8217;ai v\u00e9cu une p\u00e9riode de d\u00e9sespoir. Je faisais des sketches dans les bistrot. Un jour j&#8217;ai veux Dimitri. Je me suis dit: &#8220;Je veux faire comme cet homme&#8221;. Je me suis ensuite inscrit \u00e0 un \u00e9cole de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Gen\u00e8ve. Les gens parlent de talent. Mais je rejoins Brel, c&#8217;est du travail. du travail, rien que du travail. Il faut avoir de la force de caract\u00e8re, jouer avec les relations publiques. Le talent, c&#8217;est tout \u00e7a.<\/p>\n<p><strong>Etre seul sur sc\u00e8ne, n&#8217;est-ce pas pesant?<\/strong><\/p>\n<p>Au d\u00e9but, je vomissais avant d&#8217;entrer sur sc\u00e8ne, je passais de nuit blanches. Maintenant, j&#8217;affronte la sc\u00e8ne comme un match de boxe. Le public est l\u00e0, m\u00eame si souvent j&#8217;ai jou\u00e9 devant 20 ou 30 personnes&#8230; Il y a 10 ans, je voulais tout arr\u00eater. Maintenant j&#8217;ai \u00e0 nouveau le virus.<\/p>\n<p><strong>Vous sentez-vous \u00e0 l&#8217;aise dans ce festival?<\/strong><\/p>\n<p>Oui. Depuis que je suis \u00e0 Paris, je renouvelle beaucoup de contrats. Il faut souvent \u00eatre reconnu ailleurs pour int\u00e9resser. Mon travail est le m\u00eame. L\u00e0-bas, on dit que je suis un nouveau clown avec une originalit\u00e9 personnelle. Ici on me conna\u00eet, l\u00e0-bas, on me d\u00e9couvre.<\/p>\n<p><strong>Dimanche, lorsque vous avez interrog\u00e9 le public, saviez-vous que vous vous adressiez au conseiller d&#8217;Etat Claude Ruey?<\/strong><\/p>\n<p>Non. Je ne le connaissais pas et je m&#8217;en fous. Je suis un pitre, un nomade, un provocateur. Un jour, on m&#8217;a presque foutu dehors d&#8217;un plateau t\u00e9l\u00e9. C&#8217;est mon caract\u00e8re. Ce m\u00e9tier est li\u00e9 a ma recherche totale d&#8217;ind\u00e9pendance, de la libert\u00e9. Parfois ce n&#8217;est pas \u00e9vident.<\/p>\n<p><strong>Pensez-vous que l&#8217;on peut rire de tout?<\/strong><\/p>\n<p>On peut rire de tout, m\u00eame de Dieu et je crois en Lui.<\/p>\n<p><strong>Vous \u00eates croyant?<\/strong><\/p>\n<p>J&#8217;en parle peu. Ce sont les actes qui compt\u00e9nt. Je souffre d&#8217;une absence de spiritualit\u00e9 dans ce monde. On peut croire en Dieu et \u00eatre ath\u00e9e. Je suis pr\u00e9occup\u00e9 par ce qu&#8217;il y a apr\u00e8s la mort. Elle me fait peur, c&#8217;est comme \u00e7a. Je me pose beaucoup de questions.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em><strong>Contessa \u00a0Pi\u00f1on<\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;humoriste jurassien s&#8217;amuse de ses angoisses et de sert de son v\u00e9cu pour faire rire la salle jusqu&#8217;\u00e0 demain, il est l&#8217;h\u00f4te de la manifestation. Rencontre avec un grand monsieur. Quand on lui demande sa profession, Pierre Miserez dit qu&#8217;il est un artisan du rire, un com\u00e9dien-humoriste. Ce fils d&#8217;horloger, n\u00e9 au Locle, quelque part entre Gen\u00e8ve et Glasgow comme il le dit, a fait de la perfection son fer de lance. Dans son spectacle &#8220;A suivre&#8221;, il offre un floril\u00e8ge de ses observation. Jusqu&#8217;\u00e0 demain, il est l&#8217;invit\u00e9 du Festival des arts vivants. Comment travaillez-vous? La cr\u00e9ation se fait d&#8217;une mani\u00e8re inconsciente. Je pars du v\u00e9cu. Je ressens des choses avec le coeur, l&#8217;esprit&#8230; A un certain moment, cela s&#8217;accumule. Et cela doit sortir. La fin de vie de ma grand-maman, mes trois retraits de permis et la fatigue m&#8217;ont inspir\u00e9 des sketches. Le reste, c&#8217;est du d\u00e9lire. Avec le drapeaux suisse, ce n&#8217;est pas le fait de se mettre \u00e0 poil qui m&#8217;int\u00e9resse, ma de poser avec le fanion. Le drapeaux v\u00e9hicule tout ce que la Suisse a de tabou. Tout le respect que \u00e7a peut inspirer. Le personnage angoiss\u00e9 qui t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 la r\u00e9gie et \u00e0 sa m\u00e8re, est-ce une caricature de Pierre Miserez?\u00a0 Oui, c&#8217;est moi. Je parle de mes inqui\u00e9tudes. Ma il fallait les tourner de mani\u00e8re dr\u00f4le. Maintenant \u00e7a va beaucoup mieux. J&#8217;ai une approche diff\u00e9rente, je prends les choses avec humour. Les banques ont remplac\u00e9 les cath\u00e9drales, on chuchote l&#8217;argent comme dans un confessionnal. c&#8217;est absurde. Etes-vous un homme heureux? La vie, c&#8217;est vivre son id\u00e9al. Je suis heureux. Mon m\u00e9tier m&#8217;aide beaucoup. Il me colle \u00e0 la peau. J&#8217;ai travaill\u00e9 durant quatre ans dans un vivarium. J&#8217;ai v\u00e9cu une p\u00e9riode de d\u00e9sespoir. Je faisais des sketches dans les bistrot. Un jour j&#8217;ai veux Dimitri. Je me suis dit: &#8220;Je veux faire comme cet homme&#8221;. Je me suis ensuite inscrit \u00e0 un \u00e9cole de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Gen\u00e8ve. Les gens parlent de talent. Mais je rejoins Brel, c&#8217;est du travail. du travail, rien que du travail. Il faut avoir de la force de caract\u00e8re, jouer avec les relations publiques. Le talent, c&#8217;est tout \u00e7a. Etre seul sur sc\u00e8ne, n&#8217;est-ce pas pesant? Au d\u00e9but, je vomissais avant d&#8217;entrer sur sc\u00e8ne, je passais de nuit blanches. Maintenant, j&#8217;affronte la sc\u00e8ne comme un match de boxe. Le public est l\u00e0, m\u00eame si souvent j&#8217;ai jou\u00e9 devant 20 ou 30 personnes&#8230; Il y a 10 ans, je voulais tout arr\u00eater. Maintenant j&#8217;ai \u00e0 nouveau le virus. Vous sentez-vous \u00e0 l&#8217;aise dans ce festival? Oui. Depuis que je suis \u00e0 Paris, je renouvelle beaucoup de contrats. Il faut souvent \u00eatre reconnu ailleurs pour int\u00e9resser. Mon travail est le m\u00eame. L\u00e0-bas, on dit que je suis un nouveau clown avec une originalit\u00e9 personnelle. Ici on me conna\u00eet, l\u00e0-bas, on me d\u00e9couvre. Dimanche, lorsque vous avez interrog\u00e9 le public, saviez-vous que vous vous adressiez au conseiller d&#8217;Etat Claude Ruey? Non. Je ne le connaissais pas et je m&#8217;en fous. Je suis un pitre, un nomade, un provocateur. Un jour, on m&#8217;a presque foutu dehors d&#8217;un plateau t\u00e9l\u00e9. C&#8217;est mon caract\u00e8re. Ce m\u00e9tier est li\u00e9 a ma recherche totale d&#8217;ind\u00e9pendance, de la libert\u00e9. Parfois ce n&#8217;est pas \u00e9vident. Pensez-vous que l&#8217;on peut rire de tout? On peut rire de tout, m\u00eame de Dieu et je crois en Lui. Vous \u00eates croyant? J&#8217;en parle peu. Ce sont les actes qui compt\u00e9nt. Je souffre d&#8217;une absence de spiritualit\u00e9 dans ce monde. On peut croire en Dieu et \u00eatre ath\u00e9e. Je suis pr\u00e9occup\u00e9 par ce qu&#8217;il y a apr\u00e8s la mort. Elle me fait peur, c&#8217;est comme \u00e7a. Je me pose beaucoup de questions. 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