{"id":4020,"date":"1997-05-26T13:25:51","date_gmt":"1997-05-26T13:25:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pierre-miserez.ch\/?p=4020"},"modified":"2013-12-12T14:36:16","modified_gmt":"2013-12-12T14:36:16","slug":"ondes-negatives-ondes-positives-le-comique-romand-passe-par-la-tv","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/?p=4020","title":{"rendered":"Ondes n\u00e9gatives? Ondes positives? Le comique romand passe par la TV"},"content":{"rendered":"<p><strong>HUMOUR \/ Le drame des humoristes, c&#8217;est que la t\u00e9l\u00e9vision s&#8217;en m\u00eale. Faut-il en rire? Bernard Haller fustige les &#8220;T\u00e9v\u00e9coms&#8221;, Philippe Cohen temporise. Miserez, lui, &#8220;se manifeste&#8221; \u00e0 St-Gervais.<\/strong><\/p>\n<p><em>&#8220;Comment la Suisse a-t-elle pu produire autant d&#8217;humoristes au m\u00e8tre carr\u00e9?&#8221;<\/em>. Nos voisins fran\u00e7ais n&#8217;en reviennent pas. Un pays si propre, si s\u00e9rieux! Pierre Miserez hausse les \u00e9paules. Pour un Jurassien, dont l&#8217;art consiste \u00e0 faire rire depuis 25 ans, <em>&#8220;avec des hauts et des bas&#8221;<\/em>, la r\u00e9ponse est claire. &#8220;Un Basque a plus de chance de r\u00e9ussir et surtout de tenir qu&#8217;un Guinol lanc\u00e9 par la t\u00e9l\u00e9vision parisienne&#8221;.<\/p>\n<p>L&#8217;artiste jurassien revient au Th\u00e9\u00e2tre St-Gervais de Gen\u00e8ve. Avec le musicien Alain Roche, il reprend <strong>&#8220;Miserez se manifeste&#8221;<\/strong>, mis en sc\u00e8ne par ses compatriotes Cuche et Barbezat. Depuis sa cr\u00e9ation, il y a 3 ans au Gr\u00fctli, le spectacle a fait l&#8217;objet de plus de deux cents repr\u00e9sentations en tourn\u00e9e. Lorsqu&#8217;il parle de ses racines, Miserez ma\u00eetrise son sujet. Du Jura, il a conserv\u00e9 son accent et un go\u00fbt prononc\u00e9 pour la fondue. Cet ancien du mouvement s\u00e9paratiste B\u00e9lier et de la Ligue marxiste r\u00e9volutionnaire appr\u00e9cie plus que tout le franc parl\u00e9 de sa r\u00e9gion. En cela, il est sans doute le petit fr\u00e8re de Zouc, ou le petit-fils de Grock. Pour Miserez, qui m\u00e8ne une carri\u00e8re entre Gen\u00e8ve, Z\u00fcrich et Paris, revenir boire un verre au Caf\u00e9 du Jura, au Locle, c&#8217;est rencontrer &#8220;des personnages pas possibles&#8221;. <em>&#8220;Je me confronte avec l&#8217;absurde. Je peux ensuite retrouver les banques z\u00fcrichoises, la campagne suisse-alemande, le caf\u00e9-th\u00e9\u00e2tre parisien et voir tout cela avec un autre regard. Un artiste enracin\u00e9 ne se perd pas. Il \u00e9vite la s\u00e9dentarisation, les supermarch\u00e9s qui fleurissent dans les grandes villes.&#8221;<\/em><\/p>\n<p><strong>L&#8217;horreur du &#8220;t\u00e9v\u00e9com&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>Bourlinguez sera se perdre\u2026 Miserez cite Cendrars. Bernard Haller, quand \u00e0 lui, e rappelle de Jouvet, lorsque ce dernier mettait tout le monde en garde, <em>&#8220;Le talent, c&#8217;est durer&#8221;<\/em>. Plus que jamais, le rire se r\u00e9v\u00e8le fragile. Il vire au kleenex jetable, menac\u00e9 qu&#8217;il est par des effets m\u00e9diatiques. Depuis des dizaines d&#8217;ann\u00e9es les Guignols de la t\u00e9l\u00e9 cr\u00e8vent en effet l&#8217;\u00e9cran. D&#8217;une \u00e9mission comme la Classe sur FR3 sont sortis nombre de one-man-shows. L&#8217;humour bref, le sketch coup de poing, renouvellent-ils le genre? <em>&#8220;Non, s&#8217;exclame Bernard Haller. Comme vous me le dites, poursuit-il, on devrait peut-\u00eatre inventer un autre mot pour ces artistes-l\u00e0. Pourquoi pas les &#8220;t\u00e9v\u00e9coms&#8221;? Il existe une g\u00e9n\u00e9ration de comiques, pas tous heureusement, qui se plient au quota de cette \u00e9trange lucarne qui veut que le succ\u00e8s soit proportionnel \u00e0 la vulgarit\u00e9&#8221;.<\/em><\/p>\n<p>Miserez s&#8217;est lui aussi frott\u00e9 au petit \u00e9cran. Il n&#8217;en a pas retir\u00e9 le meilleur. <em>&#8220;J&#8217;ai fait durant 6 mois la revue de presse dans <strong>\u00c7a colle et c&#8217;est piquant<\/strong> sur la TSR. Durant 6 mois, j&#8217;ai eu l&#8217;impression d&#8217;aller timbrer chez Longines. Sur le plateau, tout le monde stresse sans trop savoir pourquoi. Je reste aujourd&#8217;hui un clown acteur de th\u00e9\u00e2tre. L&#8217;artiste s&#8217;\u00e9panouit sur sc\u00e8ne lorsqu&#8217;il a pris le temps de devenir artiste.&#8221;<\/em><\/p>\n<p><strong>&#8220;Le m\u00e9tier c&#8217;est la sc\u00e8ne&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>Pour Philippe Cohen, la t\u00e9l\u00e9vision et la sc\u00e8ne constituent deux m\u00e9tiers diff\u00e9rents. Avec Confiture, la compagnie \u00e9tale la culture, il vient de faire une saison record au Th\u00e9\u00e2tre Pito\u00ebff de Gen\u00e8ve (19&#8217;000 spectateurs ce qui ne l&#8217;emp\u00eache pas d&#8217;appara\u00eetre dans &#8220;Le fond de la corbeille&#8221;. <em>&#8220;Mon vrai m\u00e9tier, c&#8217;est la sc\u00e8ne. Si je devais choisir, c&#8217;est elle que je garderai. La t\u00e9l\u00e9vision reste une r\u00e9cr\u00e9ation. Elle impose des contraintes de temps et des techniques sp\u00e9cifiques. Mes apparitions \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision sont \u00e0 double tranchant. Certains spectateurs viennent me voir au th\u00e9\u00e2tre parce qu&#8217;ils me connaissaient. D&#8217;autres viennent parce qu&#8217;ils m&#8217;ont d\u00e9j\u00e0 vu&#8221;.<\/em><\/p>\n<p>Les m\u00e9dias, il est vrai, se montrent friands de comiques. Mais le passage \u00e0 la sc\u00e8ne, c&#8217;est une autre paire de manches. Le m\u00e9tier difficile du clown, le jonglage, le mime, la musique et surtout les id\u00e9es constituent souvent un barrage contre lequel ne manquent pas d&#8217;\u00e9chouer tous les illusionnistes et autres faiseurs de grimaces. <em>&#8220;Il est vrai qu&#8217;aujourd&#8217;hui une carri\u00e8re demarre plus souvent qu&#8217;il y a vingt ans par un casting TV&#8221; conc\u00e8de Pierre Miserez. &#8220;Plus personne toutefois poss\u00e8de la cl\u00e9 de la r\u00e9ussite. Dans Miserez se manifeste, nous avons imagin\u00e9 un centre culturel encercl\u00e9 par la police. Je trouve salutaire de d\u00e9truire physiquement un th\u00e9\u00e2tre. La cr\u00e9ation am\u00e8ne toujours une part de destruction. Et vis versa. Dans ma vie c&#8217;est pareil. Cela fait plus de 20 ans que je fais ce m\u00e9tier. Eh bien, j&#8217;ai toujours la peur au ventre.&#8221;<\/em><\/p>\n<p><em>Tribune de Gen\u00e8ve \/ 26 mai 1997<\/em><\/p>\n<p><em>Chantal Savioz<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>HUMOUR \/ Le drame des humoristes, c&#8217;est que la t\u00e9l\u00e9vision s&#8217;en m\u00eale. Faut-il en rire? Bernard Haller fustige les &#8220;T\u00e9v\u00e9coms&#8221;, Philippe Cohen temporise. Miserez, lui, &#8220;se manifeste&#8221; \u00e0 St-Gervais. &#8220;Comment la Suisse a-t-elle pu produire autant d&#8217;humoristes au m\u00e8tre carr\u00e9?&#8221;. Nos voisins fran\u00e7ais n&#8217;en reviennent pas. Un pays si propre, si s\u00e9rieux! Pierre Miserez hausse les \u00e9paules. Pour un Jurassien, dont l&#8217;art consiste \u00e0 faire rire depuis 25 ans, &#8220;avec des hauts et des bas&#8221;, la r\u00e9ponse est claire. &#8220;Un Basque a plus de chance de r\u00e9ussir et surtout de tenir qu&#8217;un Guinol lanc\u00e9 par la t\u00e9l\u00e9vision parisienne&#8221;. L&#8217;artiste jurassien revient au Th\u00e9\u00e2tre St-Gervais de Gen\u00e8ve. Avec le musicien Alain Roche, il reprend &#8220;Miserez se manifeste&#8221;, mis en sc\u00e8ne par ses compatriotes Cuche et Barbezat. Depuis sa cr\u00e9ation, il y a 3 ans au Gr\u00fctli, le spectacle a fait l&#8217;objet de plus de deux cents repr\u00e9sentations en tourn\u00e9e. Lorsqu&#8217;il parle de ses racines, Miserez ma\u00eetrise son sujet. Du Jura, il a conserv\u00e9 son accent et un go\u00fbt prononc\u00e9 pour la fondue. Cet ancien du mouvement s\u00e9paratiste B\u00e9lier et de la Ligue marxiste r\u00e9volutionnaire appr\u00e9cie plus que tout le franc parl\u00e9 de sa r\u00e9gion. En cela, il est sans doute le petit fr\u00e8re de Zouc, ou le petit-fils de Grock. Pour Miserez, qui m\u00e8ne une carri\u00e8re entre Gen\u00e8ve, Z\u00fcrich et Paris, revenir boire un verre au Caf\u00e9 du Jura, au Locle, c&#8217;est rencontrer &#8220;des personnages pas possibles&#8221;. &#8220;Je me confronte avec l&#8217;absurde. Je peux ensuite retrouver les banques z\u00fcrichoises, la campagne suisse-alemande, le caf\u00e9-th\u00e9\u00e2tre parisien et voir tout cela avec un autre regard. Un artiste enracin\u00e9 ne se perd pas. Il \u00e9vite la s\u00e9dentarisation, les supermarch\u00e9s qui fleurissent dans les grandes villes.&#8221; L&#8217;horreur du &#8220;t\u00e9v\u00e9com&#8221; Bourlinguez sera se perdre\u2026 Miserez cite Cendrars. Bernard Haller, quand \u00e0 lui, e rappelle de Jouvet, lorsque ce dernier mettait tout le monde en garde, &#8220;Le talent, c&#8217;est durer&#8221;. Plus que jamais, le rire se r\u00e9v\u00e8le fragile. Il vire au kleenex jetable, menac\u00e9 qu&#8217;il est par des effets m\u00e9diatiques. Depuis des dizaines d&#8217;ann\u00e9es les Guignols de la t\u00e9l\u00e9 cr\u00e8vent en effet l&#8217;\u00e9cran. D&#8217;une \u00e9mission comme la Classe sur FR3 sont sortis nombre de one-man-shows. L&#8217;humour bref, le sketch coup de poing, renouvellent-ils le genre? &#8220;Non, s&#8217;exclame Bernard Haller. Comme vous me le dites, poursuit-il, on devrait peut-\u00eatre inventer un autre mot pour ces artistes-l\u00e0. Pourquoi pas les &#8220;t\u00e9v\u00e9coms&#8221;? Il existe une g\u00e9n\u00e9ration de comiques, pas tous heureusement, qui se plient au quota de cette \u00e9trange lucarne qui veut que le succ\u00e8s soit proportionnel \u00e0 la vulgarit\u00e9&#8221;. Miserez s&#8217;est lui aussi frott\u00e9 au petit \u00e9cran. Il n&#8217;en a pas retir\u00e9 le meilleur. &#8220;J&#8217;ai fait durant 6 mois la revue de presse dans \u00c7a colle et c&#8217;est piquant sur la TSR. Durant 6 mois, j&#8217;ai eu l&#8217;impression d&#8217;aller timbrer chez Longines. Sur le plateau, tout le monde stresse sans trop savoir pourquoi. Je reste aujourd&#8217;hui un clown acteur de th\u00e9\u00e2tre. L&#8217;artiste s&#8217;\u00e9panouit sur sc\u00e8ne lorsqu&#8217;il a pris le temps de devenir artiste.&#8221; &#8220;Le m\u00e9tier c&#8217;est la sc\u00e8ne&#8221; Pour Philippe Cohen, la t\u00e9l\u00e9vision et la sc\u00e8ne constituent deux m\u00e9tiers diff\u00e9rents. Avec Confiture, la compagnie \u00e9tale la culture, il vient de faire une saison record au Th\u00e9\u00e2tre Pito\u00ebff de Gen\u00e8ve (19&#8217;000 spectateurs ce qui ne l&#8217;emp\u00eache pas d&#8217;appara\u00eetre dans &#8220;Le fond de la corbeille&#8221;. &#8220;Mon vrai m\u00e9tier, c&#8217;est la sc\u00e8ne. Si je devais choisir, c&#8217;est elle que je garderai. La t\u00e9l\u00e9vision reste une r\u00e9cr\u00e9ation. Elle impose des contraintes de temps et des techniques sp\u00e9cifiques. 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