{"id":3903,"date":"2013-06-03T13:06:07","date_gmt":"2013-06-03T13:06:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pierre-miserez.ch\/?p=3903"},"modified":"2013-12-10T15:01:04","modified_gmt":"2013-12-10T15:01:04","slug":"pierre-miserez-etait-a-terre-il-sest-releve","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/?p=3903","title":{"rendered":"Pierre Miserez \u00e9tait \u00e0 terre, il s\u2019est relev\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>G\u00e9n\u00e9reux et fragile, l\u2019humoriste jurassien joue un nouveau solo, \u00abExcusez-moi\u00bb, \u00e0 Gen\u00e8ve. Devant un c\u0153ur de saumon, il \u00e9voque son m\u00e9tier, ses d\u00e9pressions et sa nouvelle s\u00e9r\u00e9nit\u00e9<\/strong><\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pierre-miserez.ch\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/Pierre-Miserez-C-Patrick-Tondeux-469x239.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3904\" alt=\"Pierre Miserez C Patrick Tondeux--469x239\" src=\"http:\/\/www.pierre-miserez.ch\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/Pierre-Miserez-C-Patrick-Tondeux-469x239.jpg\" width=\"468\" height=\"239\" srcset=\"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/Pierre-Miserez-C-Patrick-Tondeux-469x239.jpg 468w, https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/Pierre-Miserez-C-Patrick-Tondeux-469x239-300x153.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D\u00eener avec Pierre Miserez serait-il aussi risqu\u00e9 que de sortir avec Christine Angot? L\u2019humoriste suisse partage en tout cas avec l\u2019\u00e9crivaine fran\u00e7aise un sens aigu de l\u2019observation-restitution. Au milieu de notre t\u00eate-\u00e0-t\u00eate au \u00ab15\u00bb, restaurant raffin\u00e9 situ\u00e9 en face de son immeuble de Plainpalais, le com\u00e9dien jurassien s\u2019adonne subitement aux joies de l\u2019imitation: prise de note fr\u00e9n\u00e9tique, coup de fourchette et lever de coude gaillards, je m\u2019y retrouve tout \u00e0 fait. Pierre Miserez n\u2019est pas qu\u2019un \u0153il aux aguets. C\u2019est aussi une oreille perm\u00e9able aux accents et aux parlers particuliers. Et un corps alerte, capable d\u2019encha\u00eener en un instant l\u2019\u00e9vocation d\u2019un Russe massif et celle d\u2019un vieillard tremblotant.<\/p>\n<p>A 62 ans, l\u2019artiste remet le couvert en solitaire avec Excusez-moi, au Th\u00e9\u00e2tre du Cr\u00e8ve-C\u0153ur \u00e0 Cologny, tous les samedis. Un solo fragile et g\u00e9n\u00e9reux qui dit que l\u2019erreur est humaine et que tomber n\u2019est pas tragique quand on sait se relever. L\u2019homme parle en connaisseur: deux fois dans sa vie, il a \u00e9t\u00e9 \u00e0 terre et a su red\u00e9coller.<\/p>\n<p>\u00abJe vais manger quelque chose de l\u00e9ger. Tout est bon ici, mais il ne faut pas exag\u00e9rer.\u00bb Oui, d\u00e9sormais, Pierre Miserez est raisonnable. Lui qui, \u00e0 20 ans, a appartenu \u00e0 tout ce que La Chaux-de-Fonds comptait de r\u00e9volutionnaire et l\u00e2chait dans les caf\u00e9s, telle une bombe, vingt minutes de cabaret explosif. Lui qui a \u00e9t\u00e9 coffr\u00e9 pour avoir peint des feux de signalisation en rouge et a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 sa maman en pleurs que Dieu n\u2019existait pas.<\/p>\n<p>Le m\u00eame \u00abpetit bonhomme\u00bb, comme il se nomme, est aujourd\u2019hui un \u00eatre mesur\u00e9. \u00abC\u2019est la maladie, explique-t-il en entamant son c\u0153ur de saumon marin\u00e9. Il y a quatre ans, j\u2019ai subi un cancer de la vessie suivi d\u2019une d\u00e9pression, \u00e7a m\u2019a ouvert les yeux. Depuis, je remarque les gens qui marchent moins vite sur le trottoir. Et, pour la premi\u00e8re fois de mon existence, j\u2019ai confiance dans la vie.\u00bb<\/p>\n<p>Pourtant, Miserez semble indissociable de cette angoisse qui lui fait r\u00e9p\u00e9ter apr\u00e8s chaque s\u00e9quence, avec son accent de La Tchaux: \u00abJ\u2019suis content, \u00e7a s\u2019est bien pass\u00e9!\u00bb Dans A suivre, solo de 1997, il composait d\u00e9j\u00e0 un artiste dont on voyait \u00e0 la fois les num\u00e9ros de cabaret \u2013 un moment, notamment, o\u00f9 il se retrouvait nu, cach\u00e9 derri\u00e8re un drapeau suisse \u2013 et les pauses, dans sa loge, o\u00f9 il se livrait \u00e0 une critique sans piti\u00e9 de ses propres prestations.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Retour sur soi, tomber de masque. Pierre Miserez a toujours pratiqu\u00e9 ces confessions \u00e0 la Woody Allen avec son air chiffonn\u00e9. Peut-\u00eatre a-t-il emprunt\u00e9 cette pratique \u00e0 Bernard Haller, son ma\u00eetre avec le clown Dimitri. \u00abJ\u2019aimais le d\u00e9calage, l\u2019ironie de Bernard, et j\u2019appr\u00e9cie la po\u00e9sie de Dimitri.\u00bb<\/p>\n<p>Pierre Miserez a en effet deux natures en sc\u00e8ne. Piquant, lorsqu\u2019il parle de \u00abTramelan, 2000 habitants et 150\u2009sectes\u00bb ou lorsqu\u2019il singe Daniel Vasella \u00e0 genoux: \u00abDonnez-moi 70 millions, sinon je me suicide!\u00bb A\u00e9rien lorsqu\u2019il jongle avec des balles multicolores et rend gr\u00e2ce au ciel perch\u00e9 sur une \u00e9chelle. \u00abIl ne faut pas le dire \u00e0 mes anciens amis marxistes, mais je vais de nouveau \u00e0 la messe! La liturgie m\u2019ennuie, mais j\u2019ai retrouv\u00e9 la transcendance. On a tous besoin de d\u00e9passement, non?\u00bb<\/p>\n<p>Sa m\u00e8re, aujourd\u2019hui, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, serait ravie de ce retournement. Qui tranche avec le reste de la famille, <em>\u00abdes scientifiques, pragmatiques ou libertaires\u00bb<\/em>. Fils d\u2019horloger, cadet d\u2019une s\u0153ur artiste peintre et d\u2019un fr\u00e8re docteur en chimie, Pierre, en bon petit dernier, a toujours \u00e9t\u00e9<em> \u00able bouffon du foyer\u00bb<\/em>. \u00abJ\u2019\u00e9tais le seul \u00e0 conna\u00eetre les po\u00e8mes sous le sapin et \u00e0 imiter les vieillards pour faire rire la galerie. J\u2019ai quand m\u00eame r\u00e9ussi une maturit\u00e9 commerciale, mais apr\u00e8s mon dipl\u00f4me je ne voulais ni travailler dans une banque, ni \u00e9tudier \u00e0 l\u2019universit\u00e9\u00bb. Il ira \u00e0 l\u2019ESAD, ex-l\u2019Ecole sup\u00e9rieure d\u2019art dramatique \u00e0 Gen\u00e8ve, mais avant, pendant deux ans, le futur com\u00e9dien rejoint les mouvements anarchistes de La Chaux-de-Fonds. Cheveux longs, d\u00e9gaine y\u00e9-y\u00e9, il participe aussi au mouvement B\u00e9lier. Et chaque fois, il secoue le cocotier. <em>\u00abJ\u2019\u00e9tais super-angoiss\u00e9 par la mort, donc j\u2019osais tous les d\u00e9lires. Sans limites.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Cette absence de limites lui a valu sa premi\u00e8re d\u00e9pression. En 1990, apr\u00e8s plusieurs one-man-show comiques \u00e0 succ\u00e8s qu\u2019il pr\u00e9sente partout, en Suisse, en Belgique et en France.<em> \u00abA Paris, \u00e0 cause de mon accent jurassien, on a voulu voir en moi le Zouc masculin. Mais Zouc est g\u00e9niale, je n\u2019imagine m\u00eame pas l\u2019\u00e9galer. Les Fran\u00e7ais m\u2019appelaient le fou furieux, car je n\u2019avais peur de rien, mais c\u2019est all\u00e9 trop loin. J\u2019\u00e9tais si angoiss\u00e9 que je ne dormais plus. En juin 1990, je ne pouvais plus rester seul. A 40 ans, cet \u00e9t\u00e9-l\u00e0, je devais me d\u00e9placer entre mes deux parents, comme un enfant. J\u2019ai craqu\u00e9. J\u2019ai tout plaqu\u00e9. Je suis all\u00e9 brosser les chevaux au Roselet, dans les Franches-Montagnes, chez mon cousin avant de partir en Malaisie.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Quand on lui demande s\u2019il tient son m\u00e9tier pour responsable de sa d\u00e9pression, il dit d\u2019abord non, puis se ravise: <em>\u00abC\u2019est quand m\u00eame une profession extr\u00eame. Faire rire tout le temps, courir les cachets. Depuis cette premi\u00e8re d\u00e9pression, j\u2019enseigne la diction \u00e0 des \u00e9l\u00e8ves \u00e0 Gen\u00e8ve. C\u2019est plus \u00e9quilibrant que les soir\u00e9es priv\u00e9es. Et aussi je me suis mis \u00e0 la musique. A 50 ans, j\u2019ai commenc\u00e9 l\u2019accord\u00e9on, la guitare, la clarinette et le saxophone. C\u2019\u00e9tait d\u00e9mesur\u00e9, mais j\u2019ai eu l\u2019impression de rena\u00eetre.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Dans la m\u00eame qu\u00eate de changement, Miserez a encore os\u00e9 l\u2019aventure al\u00e9manique. <em>\u00abJ\u2019ai appris le suisse- allemand et \u00e9crit un solo Welsch Comic Connexion. Puis, j\u2019ai rencontr\u00e9 Gusti Pollak, un humoriste tr\u00e8s connu de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la Sarine, avec qui j\u2019ai compos\u00e9 et beaucoup jou\u00e9 Einfach difficile, spectacle bilingue.\u00bb<\/em> Ce menu copieux et t\u00e9m\u00e9raire, c\u2019\u00e9tait avant le cancer de la vessie dont il est <em>\u00abgu\u00e9ri aujourd\u2019hui\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p><em>\u00abJamais je n\u2019ai voulu me marier ou avoir des enfants. J\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 contre cette id\u00e9e d\u2019establishment. Comme jeunes autour de moi, il y a mes neveux et mes \u00e9l\u00e8ves. Ce que je leur conseille? Oser \u00eatre cr\u00e9atifs, oser \u00eatre f\u00eal\u00e9s.\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>LE TEMPS \u2013 3 juin 2013<\/em><\/p>\n<p><b><\/b><i>Marie-Pierre Genecand<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>G\u00e9n\u00e9reux et fragile, l\u2019humoriste jurassien joue un nouveau solo, \u00abExcusez-moi\u00bb, \u00e0 Gen\u00e8ve. Devant un c\u0153ur de saumon, il \u00e9voque son m\u00e9tier, ses d\u00e9pressions et sa nouvelle s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 &nbsp; D\u00eener avec Pierre Miserez serait-il aussi risqu\u00e9 que de sortir avec Christine Angot? L\u2019humoriste suisse partage en tout cas avec l\u2019\u00e9crivaine fran\u00e7aise un sens aigu de l\u2019observation-restitution. Au milieu de notre t\u00eate-\u00e0-t\u00eate au \u00ab15\u00bb, restaurant raffin\u00e9 situ\u00e9 en face de son immeuble de Plainpalais, le com\u00e9dien jurassien s\u2019adonne subitement aux joies de l\u2019imitation: prise de note fr\u00e9n\u00e9tique, coup de fourchette et lever de coude gaillards, je m\u2019y retrouve tout \u00e0 fait. Pierre Miserez n\u2019est pas qu\u2019un \u0153il aux aguets. C\u2019est aussi une oreille perm\u00e9able aux accents et aux parlers particuliers. Et un corps alerte, capable d\u2019encha\u00eener en un instant l\u2019\u00e9vocation d\u2019un Russe massif et celle d\u2019un vieillard tremblotant. A 62 ans, l\u2019artiste remet le couvert en solitaire avec Excusez-moi, au Th\u00e9\u00e2tre du Cr\u00e8ve-C\u0153ur \u00e0 Cologny, tous les samedis. Un solo fragile et g\u00e9n\u00e9reux qui dit que l\u2019erreur est humaine et que tomber n\u2019est pas tragique quand on sait se relever. L\u2019homme parle en connaisseur: deux fois dans sa vie, il a \u00e9t\u00e9 \u00e0 terre et a su red\u00e9coller. \u00abJe vais manger quelque chose de l\u00e9ger. Tout est bon ici, mais il ne faut pas exag\u00e9rer.\u00bb Oui, d\u00e9sormais, Pierre Miserez est raisonnable. Lui qui, \u00e0 20 ans, a appartenu \u00e0 tout ce que La Chaux-de-Fonds comptait de r\u00e9volutionnaire et l\u00e2chait dans les caf\u00e9s, telle une bombe, vingt minutes de cabaret explosif. Lui qui a \u00e9t\u00e9 coffr\u00e9 pour avoir peint des feux de signalisation en rouge et a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 sa maman en pleurs que Dieu n\u2019existait pas. Le m\u00eame \u00abpetit bonhomme\u00bb, comme il se nomme, est aujourd\u2019hui un \u00eatre mesur\u00e9. \u00abC\u2019est la maladie, explique-t-il en entamant son c\u0153ur de saumon marin\u00e9. Il y a quatre ans, j\u2019ai subi un cancer de la vessie suivi d\u2019une d\u00e9pression, \u00e7a m\u2019a ouvert les yeux. Depuis, je remarque les gens qui marchent moins vite sur le trottoir. Et, pour la premi\u00e8re fois de mon existence, j\u2019ai confiance dans la vie.\u00bb Pourtant, Miserez semble indissociable de cette angoisse qui lui fait r\u00e9p\u00e9ter apr\u00e8s chaque s\u00e9quence, avec son accent de La Tchaux: \u00abJ\u2019suis content, \u00e7a s\u2019est bien pass\u00e9!\u00bb Dans A suivre, solo de 1997, il composait d\u00e9j\u00e0 un artiste dont on voyait \u00e0 la fois les num\u00e9ros de cabaret \u2013 un moment, notamment, o\u00f9 il se retrouvait nu, cach\u00e9 derri\u00e8re un drapeau suisse \u2013 et les pauses, dans sa loge, o\u00f9 il se livrait \u00e0 une critique sans piti\u00e9 de ses propres prestations. &nbsp; Retour sur soi, tomber de masque. Pierre Miserez a toujours pratiqu\u00e9 ces confessions \u00e0 la Woody Allen avec son air chiffonn\u00e9. 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Qui tranche avec le reste de la famille, \u00abdes scientifiques, pragmatiques ou libertaires\u00bb. Fils d\u2019horloger, cadet d\u2019une s\u0153ur artiste peintre et d\u2019un fr\u00e8re docteur en chimie, Pierre, en bon petit dernier, a toujours \u00e9t\u00e9 \u00able bouffon du foyer\u00bb. \u00abJ\u2019\u00e9tais le seul \u00e0 conna\u00eetre les po\u00e8mes sous le sapin et \u00e0 imiter les vieillards pour faire rire la galerie. J\u2019ai quand m\u00eame r\u00e9ussi une maturit\u00e9 commerciale, mais apr\u00e8s mon dipl\u00f4me je ne voulais ni travailler dans une banque, ni \u00e9tudier \u00e0 l\u2019universit\u00e9\u00bb. Il ira \u00e0 l\u2019ESAD, ex-l\u2019Ecole sup\u00e9rieure d\u2019art dramatique \u00e0 Gen\u00e8ve, mais avant, pendant deux ans, le futur com\u00e9dien rejoint les mouvements anarchistes de La Chaux-de-Fonds. Cheveux longs, d\u00e9gaine y\u00e9-y\u00e9, il participe aussi au mouvement B\u00e9lier. Et chaque fois, il secoue le cocotier. \u00abJ\u2019\u00e9tais super-angoiss\u00e9 par la mort, donc j\u2019osais tous les d\u00e9lires. Sans limites.\u00bb Cette absence de limites lui a valu sa premi\u00e8re d\u00e9pression. En 1990, apr\u00e8s plusieurs one-man-show comiques \u00e0 succ\u00e8s qu\u2019il pr\u00e9sente partout, en Suisse, en Belgique et en France. \u00abA Paris, \u00e0 cause de mon accent jurassien, on a voulu voir en moi le Zouc masculin. Mais Zouc est g\u00e9niale, je n\u2019imagine m\u00eame pas l\u2019\u00e9galer. Les Fran\u00e7ais m\u2019appelaient le fou furieux, car je n\u2019avais peur de rien, mais c\u2019est all\u00e9 trop loin. J\u2019\u00e9tais si angoiss\u00e9 que je ne dormais plus. En juin 1990, je ne pouvais plus rester seul. A 40 ans, cet \u00e9t\u00e9-l\u00e0, je devais me d\u00e9placer entre mes deux parents, comme un enfant. J\u2019ai craqu\u00e9. J\u2019ai tout plaqu\u00e9. Je suis all\u00e9 brosser les chevaux au Roselet, dans les Franches-Montagnes, chez mon cousin avant de partir en Malaisie.\u00bb Quand on lui demande s\u2019il tient son m\u00e9tier pour responsable de sa d\u00e9pression, il dit d\u2019abord non, puis se ravise: \u00abC\u2019est quand m\u00eame une profession extr\u00eame. Faire rire tout le temps, courir les cachets. Depuis cette premi\u00e8re d\u00e9pression, j\u2019enseigne la diction \u00e0 des \u00e9l\u00e8ves \u00e0 Gen\u00e8ve. C\u2019est plus \u00e9quilibrant que les soir\u00e9es priv\u00e9es. Et aussi je me suis mis \u00e0 la musique. A 50 ans, j\u2019ai commenc\u00e9 l\u2019accord\u00e9on, la guitare, la clarinette et le saxophone. C\u2019\u00e9tait d\u00e9mesur\u00e9, mais j\u2019ai eu l\u2019impression de rena\u00eetre.\u00bb Dans la m\u00eame qu\u00eate de changement, Miserez a encore os\u00e9 l\u2019aventure al\u00e9manique. \u00abJ\u2019ai appris le suisse- allemand et \u00e9crit un solo Welsch Comic Connexion. Puis, j\u2019ai rencontr\u00e9 Gusti Pollak, un humoriste tr\u00e8s connu de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la Sarine, avec qui j\u2019ai compos\u00e9 et beaucoup jou\u00e9 Einfach difficile, spectacle bilingue.\u00bb Ce menu copieux et t\u00e9m\u00e9raire, c\u2019\u00e9tait avant le cancer de la vessie dont il est \u00abgu\u00e9ri aujourd\u2019hui\u00bb. \u00abJamais je n\u2019ai voulu me marier ou avoir des enfants. J\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 contre cette id\u00e9e d\u2019establishment. Comme jeunes autour de moi, il y [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3904,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[40,47],"tags":[],"class_list":["post-3903","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-presse","category-excusez-moi"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3903","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3903"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3903\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3906,"href":"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3903\/revisions\/3906"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3904"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3903"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3903"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pierre-miserez.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3903"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}